L’été, la saison des sympos …

Pour la première fois depuis quelques années, je ne participerai à aucune exposition extérieure. J’y songeais depuis un certain temps; plusieurs éléments m’ont amenée à prendre cette décision à la fin de l’été dernier. J’ai quand même un petit pincement au cœur quand je lis toutes ces annonces de symposiums dont la saison s’amorce. Mais je ne regrette pas mon choix, mes raisons étant nombreuses et sérieuses.

Pleins de souvenirs me reviennent en mémoire. Entre autres, mon tout premier sympo, alors que, dans la nuit du samedi au dimanche, un violent orage s’était abattu dans la région où se tenait ladite exposition. Nous n’avions pas eu une seule goutte de pluie chez-moi mais, on l’avait annoncé à la télé. Alors que je roulais en direction de la ville où avait lieu le sympo, je voyais tous ces nuages noirs au loin et je me disais : «flûte, est-ce que c’est là où je m’en vais?…» Quelle désolation quand je suis arrivée au parc. Au moins 8 chapiteaux s’étaient affaissés sous la force des vents. Mon cœur a sauté un battement alors que je me dirigeais vers mon emplacement. Ouf! Mon chapiteau avait résisté. Le vent l’avait épargné ainsi que celui de mes voisines immédiates. Oui, un peu d’eau dans un coin du toit mais, rien d’autre.

Naturellement, ce ne fut pas le seul sympo où j’ai connu vent et pluie. Ou chaleur accablante. Ou température magnifique, belle journée ensoleillée avec juste ce qu’il faut de petite brise pour que ce soit agréable. Il faut donc être prêt à tout affronter.

Le chapiteau

Comme beaucoup d’artistes, je me suis procuré mon chapiteau chez Costco. Blanc et mesurant 10’ x 10’. Certains le choisissent de couleur mais, c’est risqué puisque plusieurs comités organisateurs n’acceptent que les chapiteaux blancs. De toute façon, un fond blanc laisse toute la place aux œuvres alors qu’un fond de couleur pourrait nuire. Malheureusement, ces chapiteaux à prix abordables ne sont pas à toute épreuve. Les coutures ne sont pas complètement étanches. Les tout petits piquets et fines cordes fournies ne tiennent pas grand-chose. Vaut mieux s’équiper de piquets qui vissent dans le sol, comme ceux vendus dans la section animalerie des grands magasins ainsi que de solides sangles à cliquet. Et une grande bâche garantie imperméable – blanche naturellement – n’est pas de trop pour les fins de semaine pluvieuse.

Pour débuter ou pour un artiste qui participe à quelques sympos par saison, un chapiteau peu coûteux fera l’affaire. Cependant, si vous avez l’intention de prendre part à une douzaine d’expositions par été et de faire ça pendant une vingtaine d’années, vaudra mieux investir dans quelque chose de plus solide.

Le système de présentation

Lors de mes premiers sympos, j’accrochais mes tableaux sur des chaînes blanches (je les possédais déjà) avec des crochets à rideaux. Pas trop compliqué. Sauf que quand il ventait, mes tableaux se promenaient un peu trop à mon goût. Toujours un peu peur qu’ils se fassent abîmer. J’ai donc changé mon système pour du grillage en plastique, blanc naturellement. Sur un tel grillage, on peut installer nos tableaux à différentes hauteurs, au goût. Cependant, j’ai trouvé un peu rigide le grillage que j’avais acheté. Si j’avais continué à participer à des expositions extérieures, j’aurais peut-être considéré un autre système.

Les œuvres

Que ce soit pour une exposition à l’intérieur ou à l’extérieur, je prépare toujours un plan de mon installation à l’avance. Je travaille sur Excel. Je conçois une grille où chaque cellule représente 1 pouce (hauteur de ligne : 17,5, largeur de colonne : 2,57, zoom : 60%). Sachant que les murs du chapiteau font 10 pieds de large, je peux sélectionner la gamme de tableaux qui conviendront pour l’événement et vérifier, à l’avance, si j’aurai la place ou pas pour les accrocher. C’est plus facile de changer d’idée à l’ordinateur que de faire ça une fois rendue sur place.

Il est important de bien sélectionner les œuvres qu’on choisira d’accrocher, non seulement parce qu’on veut attirer les visiteurs …  et les acheteurs mais également parce que, dans certains sympos, des prix sont décernés par un jury. Tout sera alors examiné. La qualité des créations, les compétences techniques de l’artiste et l’harmonie de l’installation. Pas de tableau mal accroché ou de matériel en mauvais état.

Le marketing

Bien sûr, les organisateurs de l’exposition feront de la publicité pour annoncer l’événement mais il faut que l’artiste fasse également sa promotion. Plus il y aura de visiteurs, plus il y aura d’acheteurs. C’est mathématique.

Ce sera également le moment d’apporter cartes d’affaires, dépliants, portfolio et un livre d’invités pour collecter noms et adresses courriel des visiteurs. Une façon inusitée (je dis ça parce que je l’ai déjà fait) de faire de la promo serait de porter un t-shirt sur lequel serait inscrit votre nom et l’adresse de votre site web.

Les autres fournitures

Ensuite, vous aurez besoin d’une table (moi, j’en avais même deux) et d’une nappe (donc, deux nappes), une chaise (privilégiez une chaise haute pour, tout en restant assis, être à la hauteur des yeux des visiteurs), vos factures de vente, votre bidule Square pour les cartes de crédit (avez-vous un forfait internet s’il n’y a pas de wifi au parc), du matériel d’emballage (surtout, ne laissez pas vos acheteurs repartir sans protéger l’œuvre pour laquelle ils viennent de dépenser quelques centaines de dollars), une ou deux affiches interdisant la prise de photos, de l’eau, de quoi grignoter, des ciseaux, du ruban gommé, des tie-wraps, etc. etc. etc. Il y en a tellement que je vous incite à préparer un aide-mémoire pour ne rien oublier. Ma liste faisait deux pages complètes.

Surtout, n’oubliez pas de noter toutes vos dépenses ainsi que le kilométrage parcouru. Et soyez positif en toutes circonstances. La bonne humeur est plus attractive.

Sur ce, bonne saison à tous les artistes qui exposeront leurs œuvres toutes plus magnifiques les unes que les autres, beau temps mauvais temps. J’irai vous visiter.

L’importance de tenir un inventaire

Oh la la ! Presque 3 semaines depuis mon dernier billet ! Je me suis laissée aller ? Non, pas vraiment. J’avais 2 installations de planifiées pendant la semaine du 9 mars, une à Boucherville, l’autre à Saint-Bruno, 1 vernissage à Boucherville, et l’expo et vernissage à Saint-Bruno. Entre ça, j’ai fait réparer les freins sur mon auto … ça devenait urgent …

De retour de cette semaine à courir à droite et à gauche, je me suis levée lundi le 16 avec une bien mauvaise grippe, accompagnée d’une laryngite. Fièvre, courbatures, mal de tête, j’ai eu droit au cocktail complet. Une semaine sur le carreau à me traîner du lit au fauteuil et du fauteuil au lit. Heureusement, depuis hier, je vais mieux. Je me sens de nouveau prête à peindre, d’autant plus que j’ai une commande à livrer dans quelques jours.

Au total, 23 tableaux ont ainsi voyagé entre mon atelier et les lieux d’exposition, 9 à Boucherville et 14 à Saint-Bruno. Comme je rends grâce à mon système d’inventaire pour ne pas perdre la trace de ma production. Sinon, comment me souvenir des dimensions de tel ou tel tableau, des endroits où il a déjà été exposé? Ça m’évite en plus de donner 2 fois le même titre à 2 tableaux différents (oui, j’ai déjà fait ça).

J’ai monté mon système dans un fichier Excel. Je note plusieurs informations à propos de chacun des tableaux que je produis. D’abord, la date de création incluant jour, mois, année. Oui, même le jour. Avant, je ne notais que le mois et l’année jusqu’à ce que je m’inscrive sur Saatchi Art et que je me fasse demander la «journée». Ensuite, j’indique le statut (disponible, vendu, réservé) et la localisation du tableau (mon atelier, en galerie, …) J’attribue également un numéro à chaque nouvelle création, cela me permet de savoir combien d’œuvres ont été créées pendant une période donnée. Bien sûr, le format, le titre et surtout une photo sont essentiels dans ce système. On ne peut se souvenir de tout et il pourrait être facile de confondre un tableau avec un autre. Je profite des avantages de Excel, j’ai mis au point une petite formule qui calcule pour moi le prix d’une œuvre, dès que j’ai entré ses dimensions dans mon inventaire. Pour chacun des tableaux, il y a une section où j’inscris l’historique de consignation / exposition ; cela me permet d’éviter d’exposer le même tableau au même endroit à quelques mois d’intervalle. Il y a même un emplacement pour des commentaires spécifiques à une œuvre.

Au fil des mois, j’ai ajouté d’autres informations : le tableau est-il verni ou pas, sa photo est-elle dans mon portfolio ou pas, apparaît-il sur mon site web ou pas, etc. Et, crème de la crème, il y a un endroit où j’inscris à qui j’ai vendu ledit tableau …

Le plus long reste bien sûr de monter son système en essayant de penser à tout. Mais, il vaut mieux commencer avec le minimum et ajouter ensuite, au besoin. L’important, c’est de prendre la bonne habitude d’inscrire toute nouvelle création dans son fichier d’inventaire, dès que l’œuvre est complétée. Négliger de le faire prendra plus de temps à corriger que les quelques minutes nécessaires à la saisie immédiate des informations.