Choisir de devenir un artiste indépendant

Ça y est! Après mûre réflexion, vous êtes prêt(e) à faire le saut. Vous avez décidé de suivre votre passion et de devenir un(e) artiste indépendant(e) et de mettre en marché vos créations. Je vous dis : Bravo!!!

Vous croyez en vous et en vos capacités et c’est important. Loin de vous la peur de l’inconnu, la peur de prendre des risques, la peur de l’échec. Mais, malgré l’excitation, vous savez que la route à suivre ne sera pas facile. S’implanter dans la communauté des artistes et tenter de « vivre de votre art » ne se fera pas du jour au lendemain, si un jour vous y arrivez.

Sachez d’abord que les deux principales composantes pour réussir votre entreprise artistique sont la maîtrise de votre art et le marketing. Oui, j’ai bien écrit entreprise artistique. Parce qu’à titre d’artiste professionnel(le), vous dirigerez une petite entreprise à part entière. Vous vendrez un produit (œuvre d’art) à des personnes (collectionneurs) qui y trouveront de la valeur. Cela signifiera la tenue d’un inventaire de vos créations, des lieux de vente et d’expositions, des dates butoirs de dépôt de candidatures, des coordonnées des clients, site web, registres des ventes, factures, emploi du temps et j’en passe. Il vous faudra garder une trace de tout.

Vous n’y échapperez pas, vous aurez besoin d’un bon sens de l’organisation. Mais, surtout et avant tout, vous devrez atteindre un certain niveau de compétence dans votre art. C’est tout naturel. Un guitariste qui ne peut pas accorder sa guitare et qui ne maîtrise pas tous ses accords ne pourra pas vendre sa musique. De même, un(e) artiste en arts visuels qui aspire à vendre ses créations doit maîtriser le mélange des couleurs, la composition, les contrastes, les valeurs et tonalités, le travail du pinceau, etc.


Causerie 3, techniques mixtes
VENDUE

Un bon début si vous n’avez vendu aucun de vos tableaux auparavant serait de demander leur avis à 2 ou 3 professionnels honnêtes qui vous diront la vérité sur votre travail, si vos œuvres sont prêtes pour le marché ou si vous avez encore besoin de travailler avant de commencer à diffuser votre art. Évitez de demander à la famille ou à des amis proches; leur avis serait biaisé. Ensuite, ce sera pratique, pratique, pratique de votre art. Et progrès, amélioration, perfectionnement.

Bien sûr, avant de vous lancer tête baissée dans la vente de vos œuvres, vous devrez décider où vous voulez allez avant de vous mettre en route. Vous ne montez pas dans votre voiture et commencez à conduire avant d’avoir une destination en tête. Le « no where » du dimanche après-midi, c’était quand l’essence ne coûtait presque rien. Vous aurez besoin d’objectifs, donc d’un plan, d’une stratégie et de tactiques pour atteindre ces objectifs.

Voici, en vrac, quelques thèmes à garder en tête quand on choisit de devenir un(e) artiste indépendant(e). Je me propose de les explorer dans mes prochains billets :

  • Planification, organisation
  • Mission
  • Clientèle cible
  • Gestion des finances
  • Prix de vos œuvres
  • Site web et boutique virtuelle
  • Registres.

Je vous donne rendez-vous très bientôt.


La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre.  Albert Einstein

Artiste en arts visuels… une carrière ou une business?

Je pose la question parce qu’on voit parfois des annonces pour de la formation en «Gestion de carrière artistique» offerte par différents organismes. Quand on est un artiste en arts visuels, seul dans son atelier à se dépatouiller dans un marché en déclin, est-ce qu’on fait carrière ou est-ce qu’on dirige une entreprise?

FAIRE CARRIÈRE

Voici ce que j’ai trouvé sur le site de l’Ordre des conseillers en ressources humaines et qui décrit pas trop mal, selon moi, ce qui nous vient à l’esprit quand on pense «carrière» :

Voici une expression née de l’arrivée de l’ère industrielle. Avant cela, le mot carrière ne s’utilisait presque pas. On parlait plutôt de métier; on était ouvrier, compagnon ou maître, on faisait du commerce ou encore on avait une profession, on occupait une position. Le mot carrière nous vient de l’italien carriera. On y retrouve la notion de chemin, donc de cheminement, ce qui est de nos jours le propre de la carrière. D’ailleurs, l’expression « cheminement de carrière » est très contemporaine, puisque nous l’utilisons souvent, et parfois à tort, en faisant référence à la liste de nos emplois successifs.

Dès lors qu’on parle de cheminement de carrière, on parle d’emploi. On fait vite le lien entre carrière, emploi, employé. L’artiste est-il un employé? Travaille-t-il pour un employeur? Cela se peut. Des caricaturistes de grand talent travaillent pour des journaux ou des magazines.

Cet artiste songera probablement à élaborer un plan de carrière pour réussir. Il voudra anticiper des projets cruciaux pour son avenir professionnel, développer ses compétences stratégiques pour l’entreprise afin de s’adapter à l’évolution du marché et être à la fine pointe de la tendance. Il se fixera des objectifs de progression professionnelle et de salaire.

Ça ne correspond guère à l’artiste seul dans son atelier auquel je faisais référence plus haut.

DIRIGER UNE ENTREPRISE

Pour diriger une business, il faut avoir la mentalité d’un entrepreneur, une personne à l’origine de la création d’une activité économique. Chef d’entreprise qui possède les compétences et la motivation suffisantes pour se lancer dans un secteur d’activité, plusieurs éléments le caractérisent: une implication forte dans son projet, un investissement matériel et/ou moral important, une personnalité marquée par un leadership naturel. L’identification de l’entrepreneur à son entreprise explique le fort degré de son implication dans celle-ci.

Depuis quelques années, les artistes sont de plus en plus devenus des entrepreneurs; ils dirigent des micro-entreprises à titre de travailleur autonome. Vous savez…, les TTE – tites tites entreprises. Du moins, l’artiste dont je parle plus haut.

Cet artiste aura alors besoin d’un plan d’affaires. Oui, le fameux plan d’affaires tant détesté. On commencera par établir la mission et la vision de l’entreprise. Viendront ensuite la proposition unique, le marché-cible, les objectifs de vente, les stratégies pour y arriver, un calendrier de réalisation et les prévisions financières. Pas nécessaire qu’il fasse 30-35 pages mais, plus il contiendra de données, de renseignements et sera précis, plus efficace il sera.

JUSTE EXPOSER SES ŒUVRES OU LES VENDRE?

Le bon plan pourrait faire la différence. Selon vos ambitions, il faut choisir. Un plan de carrière ne fait pas vendre. Si ça n’est pas ce que vous souhaitez ardemment parce que vous avez d’autres revenus ou que vous n’avez pas l’énergie pour bûcher et bûcher encore, ça reste votre décision et surtout, soyez heureux avec vos choix. Mais, pour obtenir des revenus plus appréciables de votre art en vendant vos œuvres de façon régulière, un bon plan d’affaires est un des meilleurs outils qui soit.