Vois avec quelle facilité tu peux devenir plus créatif(ve)

Récemment, j’ai recommencé à m’intéresser à l’écriture. Non, pas l’écriture de ce blogue. L’écriture de fiction. C’est une forme de création que j’ai déjà pratiquée, il y a 15-17 ans. En 2003, j’ai même gagné un concours littéraire régional. J’avais commencé à peindre au tournant de l’an 2000. J’ai mis cette forme d’art de côté pour m’essayer à l’écriture de nouvelles et ensuite à la photo. Je suis revenue à la peinture vers 2006-2007.

J’ai lu récemment – mais, je le savais déjà – qu’un écrivain reprend son texte plusieurs fois avant qu’il ne soit satisfaisant. Il ajoute, retranche, modifie, corrige; il va même jusqu’à déplacer des chapitres entiers si cela sert son histoire. J’ai tout naturellement tenté de faire la comparaison entre la création d’un roman et la création d’un tableau. Ajouter, modifier, corriger, jusque-là, ça va. Retrancher? Pas vraiment, ce serait plutôt masquer. Quant à déplacer des portions de l’œuvre, si tu sais comment faire ça, renseigne-moi s.t.p.

Pratique ton art

Je pense que tout le monde conviendra qu’il faut beaucoup de travail, de la pratique, des sacrifices, encore de la pratique, une foi indéniable en ses possibilités et beaucoup de pratique et d’entraînement pour devenir un athlète professionnel. D’ailleurs, j’ai déjà lu que, dans ses bonnes années et pour se détendre après une compétition, Tiger Woods allait « frapper quelques balles ».

Un musicien pratique son art chaque jour, pendant plusieurs heures. Je me souviens quand j’avais 12 ans, j’ai suivi des cours de musique pendant quelques mois. Je m’exerçais tous les jours, sur l’heure du lunch et encore une heure en revenant de l’école. Alors imagine un musicien professionnel, il ne se livre pas à la pratique de son instrument uniquement quand ça lui tente. Non, c’est quotidiennement. L’écrivain, quant à lui, s’obligera à accoucher de ses 1000 à 2000 mots chaque jour. Il lui faut garder le rythme.

Pourtant, de nombreux artistes en arts visuels pratiquent leur art quand cela leur convient sous prétexte qu’ils ne sont pas « inspirés ». C’est la pire chose à faire pour perdre le rythme. Pour être créatif et productif, il faut te pointer à ton atelier tous les jours. Pas nécessairement pour créer un chef-d’œuvre chaque fois mais pour garder vivante la flamme de la créativité. Pour s’améliorer, il faut y mettre temps et efforts. Mets de côté tes toiles montées, sors ton papier canevas, papier aquarelle ou pour techniques mixtes et varie tes exercices, ça ne peut qu’être bénéfique.

Des idées? En voici quelques-unes :

  • Dessine ce qui t’entoure à grands traits, fais quelques croquis rapides
  • Amuse-toi à créer de nouvelles couleurs, agence-les ensuite dans un nuancier
  • Peins en couleurs à partir d’une photo noir et blanc
  • Peins avec une palette limitée, 3 couleurs seulement
  • Tourne une photo sur 180° (le haut en bas) et peins ce que tu vois
  • Fais plusieurs études sur un objet spécifique, rochers, arbres, nuages, mains, etc.
  • Expérimente avec différents outils, essaie de nouvelles techniques, improvise.

Surtout, ne te mets pas de pression, prends du bon temps, laisse-toi aller mais, fais quelque chose de créatif chaque jour. As-tu déjà vu comment peindre, pour Robert Burridge*, est une véritable récréation? Il installe ses carrés de papier sur des tables tout le tour de son atelier, la peinture directement sur des toiles protectrices en plastique et il joue. Il peint rapidement et spontanément, jamais intellectuellement.

Certains pourraient t’inciter à sauter une journée d’atelier de temps en temps. Mais la fois suivante, ce sera tellement facile de prendre un congé de 2 ou même 3 jours. Grave erreur. Notre nature artistique est comme un muscle, il faut l’exercer quotidiennement. Toutes ces activités seront salutaires lorsque tu souhaiteras créer une nouvelle série de tableaux. Tu disposeras d’un éventail prodigieux d’idées dans lequel puiser.

*Robert Burridge est un artiste peintre américain dont la devise est « the more you paint, the better painter you become » (plus vous peignez, meilleur peintre vous devenez). Il a également dit: « You get more creative by doing more creative works, not less works. »


Mes informations viennent de mes nombreuses lectures et de mes expériences personnelles. En outre, certaines parties de ce texte ont été paraphrasées à partir des sources suivantes:
Keith Bond et Luann Udell / Fine Art Views.

Comment trouver le titre parfait pour votre œuvre

Désespérément à la recherche d’un titre attrayant, inspiré, prometteur, suggestif ou même insolite pour votre nouvelle œuvre? Je connais la situation. Pas facile.

Les tournesols, Vincent van Gogh

Le titre est tellement important que, même quand un artiste n’en donne pas à une de ses œuvres, il se sent obligé d’y affubler la mention « sans titre ». Certains autres, pas particulièrement intéressés par les désignations expressives, utilisent le numéro d’inventaire de l’œuvre pour l’identifier. Un titre peut n’être rien d’autre qu’une courte description de l’œuvre. Le tableau « Les tournesols » de Van Gogh représente … des tournesols dans un vase. On peut le choisir aussi pour guider le spectateur. Le titre peut être poétique, abstrait ou mystérieux.


« Les titres ne sont pas des explications, les tableaux ne sont pas des illustrations des titres, leur relation est poétique; un titre doit être compatible avec l’émotion que suscite le tableau et le titre poétique doit nous surprendre et nous enchanter » disait René Magritte.


La méthode classique (élaborée mais efficace)

1. Faire le tour du sujet

Dressez une liste des thèmes qui reflètent le sens de votre œuvre, des arbres, une fleur, l’amitié, l’enfance, la solitude. Identifiez la motivation à l’origine de l’œuvre, ce qui vous a poussé à la réaliser. Déterminez l’élément clé de l’œuvre, la partie qui attirera d’abord l’œil du public. Les titres aident souvent les gens à comprendre ce qu’ils voient. N’oubliez pas cependant que le titre doit d’abord avoir du sens pour vous.

2. Chercher l’inspiration

Des parties de poème ou d’une citation peuvent constituer un titre intéressant. Un court passage dans un recueil, un journal, une brochure ou autre publication peut être approprié. (Si vous ne prenez que très peu de mots, vous ne devriez pas avoir de problème de droit d’auteur.) Discutez avec vos amis ou avec d’autres artistes, ils auront peut-être des suggestions. Observez la façon qu’utilisent d’autres artistes pour titrer leurs œuvres en lisant leurs histoires.

3. Sélectionner les mots du titre

Si certains mots ne vous plaisent pas, cherchez des synonymes. (J’ai fait ça tellement souvent; mon outil préféré : http://crisco.unicaen.fr/des/synonymes.) Ajoutez des adjectifs ou des adverbes. Modifiez l’ordre des mots choisis et prononcez le titre à voix haute pour tester la façon dont il sonne. Ou alors, votre titre peut être purement descriptif comme « Les tournesols » mentionné plus haut. Essayez de traduire votre titre dans une autre langue. (On a tous vu et entendu le « pouding chômeur » en italien de Ricardo : « budino disoccupato ».) L’exotisme a souvent un petit côté un peu romantique.

4. Désigner le titre final

Cherchez votre titre en ligne pour vérifier s’il existe d’autres œuvres portant ce titre, votre but étant de faire ressortir votre œuvre parmi les autres. Efforcez-vous de trouver un titre distinctif. Demandez l’avis d’autres personnes, leurs premières impressions. Vérifiez et revérifiez l’orthographe et au besoin la grammaire. Assurez-vous que votre titre accompagne votre œuvre, écrivez-le au dos de celle-ci.

Un bon titre donne un sens supplémentaire à l’œuvre et cela peut être un peu compliqué. Les exercices suggérés plus haut peuvent vous aider à définir le meilleur titre pour représenter vos efforts et votre créativité.

Les méthodes amusantes (réflexion féconde et hasard providentiel)

1. Les petits papiers

  • Découpez plusieurs petites bandes de papier;
  • Sur chaque bande, écrivez un mot ou une courte phrase en lien avec votre œuvre (thème, objet, couleur ou autre);
  • Divisez aléatoirement les bandes de papier en deux groupes égaux; mettez-les dans deux bols (ou sacs);
  • Pigez au hasard un bout de papier dans chacun des bols et juxtaposez les mots ou bouts de phrases en essayant d’en faire quelque chose de cohérent;
  • Notez toutes les combinaisons, heureuses ou non (on ne sait jamais);
  • Une fois les bandes de papier épuisées, recommencez les 3 dernières étapes autant de fois que vous le voulez.

Avec ce jeu, un titre banal comme « Une nuit noire » pourrait devenir, en associant les mots ciel et étoiles, « Ciel sans étoiles », titre beaucoup plus percutant.

2. L’extrait de roman

Si vous préférez une façon divertissante de dénicher un titre unique, vous pouvez opter pour l’extrait de roman (ou de chanson, ou de poème). Amazon.ca publie des courts aperçus (look inside) des livres qu’elle vend. Il devient alors aisé de parcourir rapidement l’extrait et peut-être dépister un bout de phrase évocateur. Vous pourriez même renverser votre façon de faire et repérer d’abord un titre prometteur lequel deviendra l’inspiration de votre prochaine œuvre.

Des premières pages d’un seul roman relevé au hasard, « La saison des roses » de Victoria Connelly et Marthe Malherbes, j’ai tiré les mots suivants : « l’été commence par l’arrivée du premier coucou », « tomber en panne », « parfum d’ambiance ». Tentés par « le facteur de grésillement », ou « juste en passant », ou encore « sucré comme un pouding aux bananes » ? Votre créativité n’a sûrement aucune limite.

La méthode facile (mais en anglais)

La façon la plus aisée – mais pas nécessairement simple – est de laisser un générateur de titres faire le travail à votre place. Sachez cependant que les titres peuvent être aussi bien pompeux que ridicules, aussi bien mystérieux que frivoles. Voici quelques-uns de ces sites :

Si vous trouvez chaussure à votre pied, ou plutôt titre à votre œuvre, il ne vous restera qu’à traduire du mieux possible ce que le générateur vous aura suggéré. Pour cela, Google Traduction ou Reverso seront d’un grand secours.

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Trouver le titre formidable qui supportera votre œuvre n’est pas une tâche à prendre à la légère puisque celui-ci apporte un sens complémentaire à votre création. Bien qu’il n’y ait pas de véritable règle précise, je vous suggère de retenir des titres à connotation positive. Même après plusieurs années, je me souviens encore trop bien de cette amateure tellement intéressée par une de mes œuvres mais rebutée par son titre. Elle ne se voyait pas tentant d’expliquer à son amoureux qu’elle avait choisi un tableau intitulé « Rupture ».

Et si après quelques jours, vous n’aimez plus tout à fait le résultat de vos efforts, rien ne vous empêche d’en changer, en autant qu’aucune publication n’ait été faite de l’œuvre en question.


Certaines parties de ce texte ont été paraphrasées à partir des sources suivantes:
wikiHow, Jessica Brody’s newsletter, canalblog Bouhioui, Martha Marshall’s blog.

Ça commence toujours par un plan : 5 pistes de réflexion

Il y a une douzaine d’années, mon conjoint et moi sommes allés rencontrer l’entreprise que nous avions choisie pour la construction de notre nouvelle maison sur la montagne. Après les présentations d’usage, nous avons tout de suite été interrogés sur nos intentions : “Avez-vous un plan de votre future maison?” Document clé pour la mise en place du projet, ce plan reflète les ambitions des futurs propriétaires. Pas de plan : pas de maison.

Comme vous le savez naturellement, n’existe pas que le plan de construction, il y a également le plan de communications, le plan d’intervention, le plan d’évacuation, le plan de cours et bien sûr, le plan d’affaires. Oui, le tant abhorré plan d’affaires. Bien que décrit comme un outil de structuration qui fixe la stratégie d’une entreprise, c’est surtout un plan de match qui sert à clarifier un projet et documente son processus de planification. Il aide à transformer idées, désirs et souhaits en objectifs et en étapes de réalisation. C’est un puissant outil motivateur.

Il faudrait d’abord dissiper la fausse notion selon laquelle les artistes à succès sont “découverts”. Et, pouvons-nous rejeter le mythe de l’artiste affamé (starving artist) tellement destructeur? Votre succès ne pourrait-il pas être directement proportionnel naturellement à la qualité de vos œuvres mais également le résultat direct de vos efforts de vente et de marketing ainsi que de vos relations?

Je suis un(e) artiste direz-vous, alors pourquoi et comment rédiger un plan d’affaires? À quoi cela me servira-t-il?

Vous vendez des tableaux, des sculptures, des photos? Vous prévoyez donc encaisser des revenus. Il vous faudra certainement déterminer la façon dont vous ferez votre mise en marché pour générer ces revenus. Vous voulez payer le loyer de votre atelier, votre matériel de création, votre publicité et autres? Vous souhaitez sûrement être en mesure de le faire sans que les chèques rebondissent et qu’il vous reste un certain profit à la fin.

– – Entrevue pour le film Blade Runner 2049 – –

Bien sûr, si vous créez des œuvres, aussi magnifiques soient-elles, uniquement pour votre propre plaisir, alors ne pas les diffuser de façon systématique ou ne pas vous préoccuper d’en tirer des revenus ne requiert pas de plan spécifique; cela reste votre droit et votre choix. L’art pour l’art, désintéressé, pratiqué que pour le plaisir, ça existe; malheureusement, ça ne paie ni l’hypothèque ni l’épicerie. C’est un hobby. Un(e) artiste qui dédit sa vie à son art veut non seulement survivre dans ce monde mais, avouons-le, “faire de l’argent”. Sinon, pourquoi tant d’efforts et tant de frais?

La grande aspiration : réussir et éventuellement, gagner sa croûte

Le cœur d’un plan d’affaires artistique est donc, comment gagner de l’argent. Sauf pour les organismes à but non lucratif, faire des profits est le but ultime de toute entreprise, quelle qu’elle soit.

Avoir un plan d’affaires bien conçu peut faire la différence entre le succès et la déconvenue en tant qu’artpreneur. Selon ce que j’en lis, les artistes créatifs qui ont réussi ont misé sur la planification stratégique pour avoir du succès et apprendre à élaborer un plan d’affaires a été un outil important dans leur croissance. Votre plan vous servira de document interne que vous utiliserez pour vous guider dans votre parcours. Ce sera votre carte routière.

Un bon plan d’affaires pour artiste devra être révisé régulièrement puisqu’il vous fournira une évaluation de votre situation actuelle et vous permettra de réviser vos objectifs futurs. En plus de décrire vos différentes formes de revenus, il définira des stratégies réalisables et quantifiables pour développer votre entreprise artistique.

Guide d’élaboration en 5 étapes

ÉTAPE 1: DÉFINISSEZ ET ÉVALUEZ VOTRE ART

Vous voudrez d’abord avoir une vision claire de qui vous êtes en tant qu’artiste. Quel type de travail faites-vous? Avec quel(s) médium(s) travaillez-vous? Que cherchez-vous à communiquer à travers vos œuvres? Ces œuvres sont-elles destinées à des individus dans leur résidence, à des hôtels, restaurants, au milieu corporatif? Souhaitez-vous garder une totale indépendance, préférez-vous la représentation en galerie ou même demander l’assistance d’un agent?

Définir les types d’utilisation de votre art est crucial car cela vous aidera à définir les types de clients à cibler lors de la promotion de votre travail. Cela vous permettra également de vous fixer des objectifs réalistes quant à ce que vous souhaitez réaliser au cours des prochaines années.

ÉTAPE 2: FORMULEZ VOTRE STRATÉGIE DE POSITIONNEMENT DE MARQUE D’ARTISTE

Une fois que vous avez une idée de qui est susceptible d’acheter ou de distribuer vos œuvres, vous pouvez mieux concevoir une stratégie de marketing de marque. La marque, bien que spécifique, n’a pas à être complexe. Votre marque (ou branding) correspond à la cohérence de votre présentation et on doit retrouver cette même image sur tous vos canaux de marketing, que ce soit biographie, portfolio, présence sur les réseaux sociaux, etc.

Après avoir positionné votre branding, créez une bio d’artiste qui décrit votre vision, mettez à jour votre site web, cherchez des clients en participant à des activités de réseautage et faites-vous remarquer. Le but de votre plan de marketing de marque et d’artiste est de synthétiser qui vous êtes et de garder ce message cohérent.

ÉTAPE 3: ÉTABLISSEZ DES OBJECTIFS SPÉCIFIQUES

Les objectifs n’ont pas nécessairement à être nombreux mais ils ne doivent surtout pas rester approximatifs. Peut-être voulez-vous générer un certain chiffre d’affaires cette année. Peut-être voulez-vous enfin obtenir une représentation en galerie. Peut-être rêvez-vous à une résidence d’artiste ou de donner des conférences ou de vous impliquer auprès d’une association …

Quels que soient vos objectifs, il est primordial qu’ils soient réalistes et atteignables. Évitez l’échec en visant des objectifs à votre portée.

ÉTAPE 4: CRÉEZ UN PLAN D’ACTION

Votre plan d’entreprise artistique inclura tout ce qui a été déterminé jusqu’à maintenant, organisé en sections. En voici un bref aperçu :

  • Votre mission (connue également comme étant votre proposition unique)
  • Structure de l’entreprise, portrait de l’artiste et de ses activités
  • Analyse du marché, défis, forces et faiblesses
  • Plan financier

Ensuite, vous souhaiterez créer un plan d’action. Décidez de trois activités ou démarches par mois à accomplir au cours des prochains douze mois afin d’atteindre vos objectifs. Tirez les plans qu’il faut pour vous permettre de progresser.

ÉTAPE 5: METTEZ VOTRE PLAN EN MOUVEMENT

Prenez ensuite le temps de revoir régulièrement votre plan d’affaires et de vous assurer que vous restez fidèle aux actions ciblées afin d’atteindre vos objectifs. Votre plan doit occuper une place centrale parmi vos tâches, vos “things to do”. Réviser vos objectifs ou les actions répertoriées si nécessaire.

Un bon plan est d’abord un guide pour les passionné(e)s. Sachez comment vous rendre là où vous voulez aller.


Avec de la détermination et du temps, tout devient réalité.    —     source inconnue


 

Choisir de devenir un artiste indépendant

Ça y est! Après mûre réflexion, vous êtes prêt(e) à faire le saut. Vous avez décidé de suivre votre passion et de devenir un(e) artiste indépendant(e) et de mettre en marché vos créations. Je vous dis : Bravo!!!

Vous croyez en vous et en vos capacités et c’est important. Loin de vous la peur de l’inconnu, la peur de prendre des risques, la peur de l’échec. Mais, malgré l’excitation, vous savez que la route à suivre ne sera pas facile. S’implanter dans la communauté des artistes et tenter de « vivre de votre art » ne se fera pas du jour au lendemain, si un jour vous y arrivez.

Sachez d’abord que les deux principales composantes pour réussir votre entreprise artistique sont la maîtrise de votre art et le marketing. Oui, j’ai bien écrit entreprise artistique. Parce qu’à titre d’artiste professionnel(le), vous dirigerez une petite entreprise à part entière. Vous vendrez un produit (œuvre d’art) à des personnes (collectionneurs) qui y trouveront de la valeur. Cela signifiera la tenue d’un inventaire de vos créations, des lieux de vente et d’expositions, des dates butoirs de dépôt de candidatures, des coordonnées des clients, site web, registres des ventes, factures, emploi du temps et j’en passe. Il vous faudra garder une trace de tout.

Vous n’y échapperez pas, vous aurez besoin d’un bon sens de l’organisation. Mais, surtout et avant tout, vous devrez atteindre un certain niveau de compétence dans votre art. C’est tout naturel. Un guitariste qui ne peut pas accorder sa guitare et qui ne maîtrise pas tous ses accords ne pourra pas vendre sa musique. De même, un(e) artiste en arts visuels qui aspire à vendre ses créations doit maîtriser le mélange des couleurs, la composition, les contrastes, les valeurs et tonalités, le travail du pinceau, etc.


Causerie 3, techniques mixtes
VENDUE

Un bon début si vous n’avez vendu aucun de vos tableaux auparavant serait de demander leur avis à 2 ou 3 professionnels honnêtes qui vous diront la vérité sur votre travail, si vos œuvres sont prêtes pour le marché ou si vous avez encore besoin de travailler avant de commencer à diffuser votre art. Évitez de demander à la famille ou à des amis proches; leur avis serait biaisé. Ensuite, ce sera pratique, pratique, pratique de votre art. Et progrès, amélioration, perfectionnement.

Bien sûr, avant de vous lancer tête baissée dans la vente de vos œuvres, vous devrez décider où vous voulez allez avant de vous mettre en route. Vous ne montez pas dans votre voiture et commencez à conduire avant d’avoir une destination en tête. Le « no where » du dimanche après-midi, c’était quand l’essence ne coûtait presque rien. Vous aurez besoin d’objectifs, donc d’un plan, d’une stratégie et de tactiques pour atteindre ces objectifs.

Voici, en vrac, quelques thèmes à garder en tête quand on choisit de devenir un(e) artiste indépendant(e). Je me propose de les explorer dans mes prochains billets :

  • Planification, organisation
  • Mission
  • Clientèle cible
  • Gestion des finances
  • Prix de vos œuvres
  • Site web et boutique virtuelle
  • Registres.

Je vous donne rendez-vous très bientôt.


La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre.  Albert Einstein

La rentrée scolaire

On n’y échappe pas, la fin août et le début septembre de chaque année riment avec rentrée scolaire. Des souvenirs de toutes sortes me reviennent alors en mémoire. Certains récents comme mes années de cours en arts visuels au campus de Knowlton de l’Université Bishop. J’y ai passé tellement de bons moments, j’y ai rencontré des artistes et des profs tellement formidables. Ce fut un choc épouvantable et une situation difficile à accepter lorsque nous, étudiant(e)s avons appris la fermeture de ce lieu qui avait vu tellement de créations naître sous nos mains. Le bâtiment a été vendu au début de l’été mais les arts ne l’ont pas quitté. Une enseigne annonce maintenant Galerie d’art l’Atelier. Pour le moment, je n’en sais pas plus. C’est une histoire à suivre.

Septembre me rappelle également, avant Bishop, tous ces ateliers de peinture suivis auprès d’artistes « reconnus » qui offraient des cours. J’ai fait ça pendant quelques années. Ma rentrée n’était pas scolaire mais plutôt artistique.

Des souvenirs plus anciens me sont revenus lorsque, récemment, ma fille m’a annoncé qu’elle s’était inscrite aux HÉC en gestion d’entreprise. Faut savoir que j’ai été aux études, en cours du soir, pendant 10 ans. D’abord au cégep pendant 3 ans et ensuite à l’UQAM pendant 7 ans, là où j’ai complété mon baccalauréat en sciences comptables. Alors septembre, ça voulait dire replonger dans les livres et les travaux et revoir d’anciennes collègues de classe.


Jaserie 1, techniques mixtes sur canevas, 16 po x 16 po


Faut vraiment adorer apprendre, acquérir des connaissances pour suivre tous ces cours et c’est mon cas. Je suis toujours à l’affût de toutes ces nouvelles notions qui viennent enrichir mon intellect. Alors, maintenant que Bishop n’est plus qu’à Lennoxville, je suis des cours via le web. Eh bien oui, je n’arrête pas. J’ai découvert Udemy il y a quelques mois, au début de l’été en fait. C’est incroyable le nombre de formations qui sont offertes sur cette plateforme. Naturellement, la majorité de ces cours sont en anglais mais, heureusement pour moi, ça n’est pas un problème. Alors, en plus d’un cours sur la photographie – oui, j’ai suivi un cours à Bishop mais je ne veux pas oublier ce que j’y ai appris et surtout me perfectionner – j’étudie le langage VBA pour Excel. Depuis mes années de comptabilité, j’ai toujours adoré travailler avec Excel. Au boulot, j’avais conçu quelques macros mais là, avec du code VBA, je peux aller beaucoup plus loin et concevoir des petits programmes, éventuellement pour mes ami(e)s artistes.

Et vous qui me lisez, à quoi ressemblera votre rentrée automnale; sera-t-elle scolaire, remplie d’activités éducatives? Avez-vous cette même envie qui m’habite d’apprendre de nouvelles choses? Quelles sont vos intentions?


« On se lasse de tout, sauf de comprendre. »   Virgile


 

Artiste en arts visuels… une carrière ou une business?

Je pose la question parce qu’on voit parfois des annonces pour de la formation en «Gestion de carrière artistique» offerte par différents organismes. Quand on est un artiste en arts visuels, seul dans son atelier à se dépatouiller dans un marché en déclin, est-ce qu’on fait carrière ou est-ce qu’on dirige une entreprise?

FAIRE CARRIÈRE

Voici ce que j’ai trouvé sur le site de l’Ordre des conseillers en ressources humaines et qui décrit pas trop mal, selon moi, ce qui nous vient à l’esprit quand on pense «carrière» :

Voici une expression née de l’arrivée de l’ère industrielle. Avant cela, le mot carrière ne s’utilisait presque pas. On parlait plutôt de métier; on était ouvrier, compagnon ou maître, on faisait du commerce ou encore on avait une profession, on occupait une position. Le mot carrière nous vient de l’italien carriera. On y retrouve la notion de chemin, donc de cheminement, ce qui est de nos jours le propre de la carrière. D’ailleurs, l’expression « cheminement de carrière » est très contemporaine, puisque nous l’utilisons souvent, et parfois à tort, en faisant référence à la liste de nos emplois successifs.

Dès lors qu’on parle de cheminement de carrière, on parle d’emploi. On fait vite le lien entre carrière, emploi, employé. L’artiste est-il un employé? Travaille-t-il pour un employeur? Cela se peut. Des caricaturistes de grand talent travaillent pour des journaux ou des magazines.

Cet artiste songera probablement à élaborer un plan de carrière pour réussir. Il voudra anticiper des projets cruciaux pour son avenir professionnel, développer ses compétences stratégiques pour l’entreprise afin de s’adapter à l’évolution du marché et être à la fine pointe de la tendance. Il se fixera des objectifs de progression professionnelle et de salaire.

Ça ne correspond guère à l’artiste seul dans son atelier auquel je faisais référence plus haut.

DIRIGER UNE ENTREPRISE

Pour diriger une business, il faut avoir la mentalité d’un entrepreneur, une personne à l’origine de la création d’une activité économique. Chef d’entreprise qui possède les compétences et la motivation suffisantes pour se lancer dans un secteur d’activité, plusieurs éléments le caractérisent: une implication forte dans son projet, un investissement matériel et/ou moral important, une personnalité marquée par un leadership naturel. L’identification de l’entrepreneur à son entreprise explique le fort degré de son implication dans celle-ci.

Depuis quelques années, les artistes sont de plus en plus devenus des entrepreneurs; ils dirigent des micro-entreprises à titre de travailleur autonome. Vous savez…, les TTE – tites tites entreprises. Du moins, l’artiste dont je parle plus haut.

Cet artiste aura alors besoin d’un plan d’affaires. Oui, le fameux plan d’affaires tant détesté. On commencera par établir la mission et la vision de l’entreprise. Viendront ensuite la proposition unique, le marché-cible, les objectifs de vente, les stratégies pour y arriver, un calendrier de réalisation et les prévisions financières. Pas nécessaire qu’il fasse 30-35 pages mais, plus il contiendra de données, de renseignements et sera précis, plus efficace il sera.

JUSTE EXPOSER SES ŒUVRES OU LES VENDRE?

Le bon plan pourrait faire la différence. Selon vos ambitions, il faut choisir. Un plan de carrière ne fait pas vendre. Si ça n’est pas ce que vous souhaitez ardemment parce que vous avez d’autres revenus ou que vous n’avez pas l’énergie pour bûcher et bûcher encore, ça reste votre décision et surtout, soyez heureux avec vos choix. Mais, pour obtenir des revenus plus appréciables de votre art en vendant vos œuvres de façon régulière, un bon plan d’affaires est un des meilleurs outils qui soit.

Être accepté(e) lors de la sélection pour une exposition, mettre toutes les chances de son côté …

Comme le mentionnent des expertes compétentes telles Carolyn Edlund, présidente de Artsy Shark ou Renee Phillipps, directrice et commissaire de Manhattan Arts International, il existe certains trucs non négligeables dont il vaut mieux tenir compte si l’on veut être accepté lors de la sélection pour une exposition. Je vous résume ici leurs recommandations ainsi que mes commentaires.

  1. Soyons honnêtes. À quoi sert de présenter votre dossier à une exposition qui vous convient plus ou moins? Familiarisez-vous donc le plus possible avec celle qui vous intéresse. Si ça n’est pas trop loin de chez-vous, allez la visiter et n’envoyez votre dossier que l’année suivante. Examinez les lieux, l’ambiance, le nombre de visiteurs. Si ça n’est pas possible de vous y rendre, consultez attentivement les photos montrant les activités et les installations des années précédentes. Ou mieux, informez-vous auprès de quelques-un(e)s des anciens participant(e)s que vous connaissez.

Je me souviens d’une amie artiste me racontant à quel point elle avait été déçue d’une expo à laquelle elle avait participé. Peu de visiteurs et des kiosques plus que branlants. Si elle avait su, elle n’aurait jamais soumis son dossier et aurait économisé pas mal d’argent (l’expo étant loin, elle avait dû coucher à l’hôtel).

  1. Remplissez correctement le formulaire d’inscription et suivez les directives données. Lire trop vite ou à moitié les instructions pourrait facilement vous mettre dans l’embarras. S’il y a beaucoup de soumissions pour une exposition, les membres du comité de sélection ne prendront certainement pas le temps de communiquer avec l’artiste pour lui demander l’élément manquant dans son dossier. Demande incomplète = dossier rejeté. Instructions non suivies = dossier rejeté.

Je me souviens d’une amie artiste (pas la même qu’au point 1) qui, 2 années de suite n’a pas été sélectionnée pour une exposition. Alors qu’on demandait de soumettre le dossier par voie électronique, elle préférait aller porter son dossier papier en se disant que ça n’était pas loin de chez-elle. La 3e année, ayant enfin soumis son dossier par courriel, tel que demandé, sa candidature a été retenue …

Suivez attentivement les instructions quant aux exigences relatives aux photos (format, dimensions, libellé, etc.). Soumettez le nombre d’images requises, ni moins ni plus.

Il est vraiment primordial de ne soumettre que vos meilleures œuvres. Certains artistes font parfois de mauvais choix, soit parce qu’ils n’ont pas un corpus d’œuvres suffisant ou que leurs œuvres sont trop différentes ou même disparates, sans signature réelle. C’est une très grave erreur puisque les jurés recherchent des talents bien ciblés et pleinement développés. D’ailleurs, j’ai appris récemment qu’un artiste est évalué sur l’œuvre la plus faible soumise. Il vaut mieux approfondir ce que l’on fait le mieux, d’être connu pour cela. Vous devez développer un style unique. Si vous essayez de séduire tout le monde, vous ne séduirez personne. Cela fait amateur.

C’est dans cet ordre d’idée qu’il faut soumettre un groupe d’œuvres cohérent. Il est bon d’avoir un style hautement reconnaissable et distinctif qui se manifeste dans chacune des pièces soumises. Les œuvres ne doivent pas être totalement indépendantes les unes des autres. Le groupe d’œuvres doit présenter un effet synergique, son impact devrait être supérieur à la somme des différents résultats individuels.

Une amie artiste (une autre) m’a déjà confié qu’elle a cessé de soumettre son dossier à une certaine expo-concours puisqu’elle n’était jamais acceptée. Mais, je sais que c’est une artiste qui aime la «variété», ce qui malheureusement lui nuit au moment de la sélection.

  1. Vous devez soumettre d’excellentes images de vos œuvres. Les images de mauvaise qualité vont ruiner vos chances avant même que vous ne soyez sérieusement considéré. Après avoir passé de nombreuses heures à créer quelque chose de valeur, rendez hommage à votre travail en ayant des photos d’excellente qualité.

Fouillez internet pour obtenir d’excellents trucs, prenez un cours sur la prise de photos d’œuvres d’art (je l’ai fait il y a quelques années) ou retenez les services d’un professionnel (malheureusement plus coûteux).

Les juges regardent les images rapidement; vous avez 2 ou 3 secondes pour attirer leur attention et faire bonne impression. Vos photos doivent être digne d’un «wow»!

Je vais vous raconter une anecdote à propos de photos présentées il y a quelques années, dans le cadre d’un appel de dossiers. Je devais soumettre six photos. J’avais choisi des œuvres de diverses dimensions et les avaient imprimées sur du beau papier photo (c’était un dossier papier). Cependant, toutes mes photos étaient de la même grandeur, i.e. un tableau mesurant 10 po x 10 po prenait toute la page de la même façon qu’un tableau mesurant 24 po x 24 po. J’avais donc reçu le commentaire suivant : Sur le tableau XXX, la signature prend trop de place sur l’œuvre. Depuis, j’ai compris. Lorsque mon œuvre est de petit format, je réduis la grandeur de la photo. Et lorsque l’œuvre est plus grande, la photo prend alors toute la page.

  1. Les photos de vos œuvres sont les reines de votre présentation. Mais, ne négligez pas l’écriture de votre démarche artistique et de votre c.v. puisqu’ils feront la différence lorsque viendra le temps pour le comité de sélection d’affiner son choix.

Votre démarche doit être claire et descriptive de votre recherche. Surtout, surtout, une démarche n’a rien d’une biographie. Quant au c.v., le jury cherche à savoir depuis quand l’artiste présente son travail et à quel type d’expositions il participe. Les expositions avec sélection par jury composé de pairs ont une meilleure cote que celles où la sélection se fait par un comité composé de l’organisatrice de l’expo accompagnée du maire de la ville; il existe également certaines expositions où il n’y a aucune sélection préalable, qui valent ce qu’elles valent… Les expositions individuelles sont mieux cotées que les expositions collectives. Le jury tiendra compte également des prix, mentions ou reconnaissances reçues. En passant, un «prix du public» n’a aucune valeur pour une sélection à une exposition.

Et n’oubliez pas que certains comités consultent le site web des artistes, en sus des informations soumises au dossier. Ceux-là veulent aller plus loin dans leur vérification, voir si l’artiste crée constamment des œuvres de qualité, s’il développe une carrière professionnelle, etc.

  1. Malgré tout cela, ces excellentes photos, cette démarche articulée, ce c.v. étoffé, il arrivera que votre candidature soit rejetée. Un artiste ne devrait pas accueillir ce rejet de façon trop personnelle. Ça ne veut pas dire que votre travail n’est pas bon. Si c’est carrément votre dossier qui est mal fichu, cela se corrige.

Il arrive que le comité de sélection doive respecter certains critères bien précis. Si 200 dossiers sont reçus pour 35 places disponibles, il y aura sûrement de très bonnes candidatures qui seront rejetées. Parfois, le panel doit choisir un nombre limité de pièces et souhaiter présenter différents styles. Malheureux mais vrai, la diversité sera privilégiée au détriment de la qualité de certains dossiers.

Pour certaines expositions, il n’y a que 6 ou 7 plages dans une année et elles viennent avec des contraintes comme, au moins 3 artistes de la région immédiate, au moins un artiste de la relève, etc.; ça diminue les chances.

On ne peut non plus laisser sous silence les goûts personnels des jurés. En principe, ils sont supposés faire leur travail en toute impartialité et juger selon des principes techniques et esthétiques, composition, harmonie des couleurs, contrastes, formes, lumière, etc., évaluer le processus créateur de l’artiste mais, si un juré a horreur du jaune et que 4 de vos 5 œuvres font une belle place à cette couleur, meilleure chance la prochaine fois.

En résumé

L’art visuel est tout à propos de l’image. Assurez-vous que la présentation de votre dossier correspond à l’image que vous souhaitez projeter. La proposition de projets d’exposition contribue au processus continu d’amélioration.

P.S. : Mes informations viennent de mes nombreuses lectures, d’un cours sur l’écriture d’une démarche artistique et d’un projet d’exposition, d’un cours sur la prise de photos de tableaux et de mes expériences personnelles.

Cohérence et homogénéité, des mots qui agacent certains artistes

En anglais, on parle de «consistency»; vous avez peut-être déjà vu ou entendu ce mot. La cohérence lors de la production d’œuvres indispose souvent certains artistes. Ceux-ci prétendent que c’est une simple invention des galéristes parce que des œuvres homogènes rendent la vie de ces derniers plus facile. Ces artistes souhaitent ne pas être brimés dans leur créativité, pouvoir peindre et proposer des fleurs une journée, des paysages le lendemain et des chevaux le surlendemain. À tant se disperser, le risque est élevé de n’avoir aucune façon de se démarquer des autres afin de constituer son «branding».

Chevalet, Peinture, Arts, TrépiedDe plus, quand on s’éparpille, qu’on touche à tout, on ne devient expert en rien. Ne serait-il pas plus formateur et salutaire de se concentrer sur un style à la fois afin de le maîtriser? Bien sûr, un artiste qui en est à ses débuts voudra explorer le plus d’avenues possibles. C’est tout à fait normal. Et il n’est pas défendu d’évoluer dans le temps, loin de là. Mais l’idéal reste de choisir ce qui nous convient le mieux, ce dans quoi nous nous sentons bien pour fouiller et approfondir cette voie-là.

La cohérence est une caractéristique d’une activité professionnelle plutôt qu’amateure, cohérence dans le type et le style de travail créé, dans la présentation des œuvres, dans le message, dans la marque. La cohérence également dans les prix des œuvres, les couleurs, le coup de pinceau, la texture.

Cohérence du sujet

Comme je le mentionnais plus haut, un artiste réussit par la pratique ciblée d’un style et d’un sujet spécifiques. C’est par sa touche particulière qu’il sera connu et reconnu.

Lors d’expositions, il faudra éviter à tout prix, comme j’ai encore vu récemment : sur 2 petites surfaces comprenant 7 ou 8 œuvres, 2 sujets différents étaient proposés. Optez plutôt pour l’homogénéité qu’assure le choix d’un seul sujet. On sera ainsi certain qu’un seul artiste a peint les tableaux.

Cohérence dans la présentation

Lors d’une exposition, où l’espace est généralement compté, évitez de mêler tableaux encadrés et non encadrés. Si vous présentez des toiles galeries (1½ po d’épaisseur), ne leur juxtaposez pas des toiles standards (¾ po d’épaisseur). Si vous peignez les contours des toiles galeries, traitez-les de la même manière; optez pour une couleur solide OU prolongez le tableau tout le tour, pas les 2. Et même si ça n’est pas dans le cadre d’une exposition, adoptez un procédé et tenez-vous-y.

Crayons, Stylos, Red, Dessin, SharpDe plus, il est important d’avoir une grille de taux cohérente de telle sorte que 2 œuvres du même format seront offertes au même prix. Une telle grille permettra d’éviter, comme j’ai déjà vu, d’exposer une œuvre grand format moins chère qu’une plus petite.

Cohérence dans le traitement

Vos œuvres sont-elles toutes créées par un processus similaire? Idéalement, les textures, les coups de pinceau, le choix et l’utilisation des couleurs, le niveau d’énergie et l’élan émotionnel devraient être tous cohérents.

Cohérence dans la marque

Il est recommandé de pouvoir décrire universellement notre art dans une courte phrase. C’est notre «branding», la façon dont on peut s’identifier auprès des acheteurs. Ceux-ci doivent savoir qu’ils peuvent s’attendre à une qualité et un style compatibles avec le message que vous véhiculez.

En résumé

Prenez le temps de satisfaire toutes vos envies créatives dans votre atelier car c’est important pour votre croissance en tant qu’artiste. Cependant, maintenez votre message au monde extérieur cohérent et homogène!

Accorder ou pas une réduction sur une œuvre


Les acheteurs d’œuvres d’art, comme tout autre type d’acheteur, aiment bien avoir l’impression d’avoir fait une bonne affaire (un bon «deal») lors de leur plus récente acquisition. C’est dans la nature de l’homme. Alors, une question se pose: doit-on accorder une réduction lorsqu’un acheteur cherche à négocier à la baisse le prix affiché pour une œuvre donnée ou même, peut-on offrir un rabais pour une occasion spécifique, fin d’année ou autre? J’ai lu quelques articles à ce sujet, j’ai eu connaissance de certains événements ou ai moi-même vécu ce genre d’expérience.

Négociations avec un acheteur

Je dois dire que, personnellement, un acheteur n’a jamais tenté de négocier à la baisse le prix d’une de mes œuvres. C’est de la chance, le hasard? Ou simplement le fait que mes prix sont relativement raisonnables? Je ne sais pas. Par contre, un ami m’a déjà raconté l’anecdote suivante. Alors qu’il participait à un symposium dans la région, une dame s’est arrêtée à son chapiteau, en admiration devant un de ses tableaux. Après avoir tourné en rond un peu, elle a offert un prix moindre pour l’œuvre qu’elle convoitait. Mon ami, pas vraiment chaud à l’idée de diminuer le prix demandé, a d’abord hésité si bien que la dame a passé son chemin et est allée visiter d’autres artistes. Elle est cependant revenue un peu plus tard voir mon ami, lequel entre temps regrettait d’avoir «raté» une vente. Comme elle manifestait à nouveau son intérêt envers le tableau tant désiré, mon ami décida de lui accorder le rabais demandé. Mais, après mûre réflexion, la dame lui annonça que finalement, elle renonçait à cet achat et elle partit, laissant mon ami sans mot et vraiment stupéfait. Que dire d’une telle mésaventure? Et que penser de cette éventuelle cliente demandant à une copine quelle serait le prix du tableau qui l’intéressait si elle l’achetait sans son cadre?

Au cours de la lecture de certains articles, j’ai découvert que plusieurs artistes refusent d’accorder une réduction de prix lorsque demandée, prétextant que le montant d’une œuvre correspond, en plus du coût des matériaux, à leur salaire pour le travail fourni. D’autres avanceront l’argument que, par respect pour leurs clients qui ont payé le plein prix, ils ne peuvent ou ne veulent accorder quelque rabais que ce soit. Certains pensent même qu’accorder une diminution de prix ferait perdre de la valeur à leurs œuvres. L’art étant un bien de luxe, ce serait se tirer dans le pied que d’en réduire le prix demandé. Remarquez que, dans plusieurs domaines, aucune diminution n’est jamais accordée suite à la requête d’un client. Au resto, si un plat est annoncé à 24$, inutile de demander au serveur si vous pouvez l’obtenir pour 20$. Si votre coiffeuse vous demande 28$ pour une coupe de cheveux, vous paierez 28$, pas 25$.

En revanche, ces articles présentaient quelques compromis pour tenter de retenir le client. Sachant qu’un éventuel acheteur faisant une offre montre d’abord et avant tout un intérêt certain pour vos œuvres, il est possible de lui offrir la liberté de payer en plusieurs versements, sans intérêt. Ça pourrait aider ses finances et ainsi, encourager la vente. Personnellement, je l’ai déjà fait et ma cliente en fut ravie. Bien sûr, il faut être en mesure d’accepter autre chose que de l’argent comptant. Le paiement par carte de crédit est devenu beaucoup plus facile depuis l’arrivée de Square, sur place ou Paypal, en ligne. Vous pourriez, à la limite, suggérer un tableau de plus petite dimension, rejoignant alors le prix que votre client accepte de payer. Mais ça, ça peut être plus difficile selon moi parce que le client a fait son choix et il n’acceptera pas une œuvre de «remplacement».

Vous pourriez peut-être offrir un boni au client. Ajoutez quelques cartes de souhait à son achat, une giclée de petit format ou, pour une vente en ligne, offrez la livraison gratuite. Ou alors, offrez un certificat-cadeau applicable sur un futur achat. Oui, vous offrirez éventuellement une réduction mais, au moins, vous aurez vendu deux tableaux plutôt qu’un seul.

Rabais pour une occasion spécifique

Certains artistes offrent, année après année, un solde, plus ou moins important, sur leur inventaire. Le pire que j’ai vu venait d’un artiste américain ; il offrait un rabais de 50% sur ses œuvres afin de faire «de la place» pour la nouvelle année. Oui, je sais que cet artiste produit beaucoup si bien qu’il n’arrive jamais à tout vendre. Mais … 50%? Qu’arrivera-t-il à l’avenir des tableaux qu’il produira à l’automne? Ses clients ne vont-ils pas attendre en janvier pour profiter de si généreuses réductions? Personnellement, quand je n’ai plus de place, je préfère recycler mes plus anciens tableaux. Par ailleurs, j’ai constaté que certains artistes offrent certaines œuvres à prix réduit lors d’un déménagement. Je peux comprendre une telle situation.

Cependant, je m’interroge. En art, est-ce qu’un client achète un prix ou une œuvre? En art, le client doit d’abord aimer l’œuvre. Ça n’est pas le prix qui est déterminant mais bien l’émotion que le tableau suscite chez l’acheteur. Et si le prix est honnête, que vous admirez l’artiste et que vous raffolez de l’œuvre, vous conviendrez que la dite œuvre vaut le prix demandé. Je me souviens, il y environ 2 ans, avoir fait une tournée d’ateliers où l’organisation demandait à chaque artiste d’offrir au moins un tableau à 25% de rabais, à titre de promotion de l’événement. Et bien, de ce que j’ai constaté, ça n’était pas ce tableau-là qui se vendait. Les visiteurs achetaient ce qu’ils aimaient, pas le rabais.

De toute façon, selon plusieurs artistes ayant participé à une discussion sur le web, les œuvres d’art offertes en soldes ne génèrent pas plus de ventes. Nous ne sommes pas à l’épicerie ici où on achète le «lost leader» parce que les produits sont interchangeables.

Personnellement, j’ai déjà offert, il y a quelques années, une promotion substantielle sur quelques tableaux. La promotion ne s’adressait qu’aux abonnés à mon infolettre et ne durait qu’une journée. C’était donc très limité. Sur 3 tableaux en réduction, je n’en ai vendu qu’un seul. Preuve qu’il faut d’abord
aimer l’œuvre. Il m’arrive également de proposer une offre privilège de 10% de moins lors de certaines expositions. Encore là, la promotion n’est offerte qu’aux abonnés à mon infolettre et elle est limitée dans le temps, 2 jours.

En résumé

Il est important de bien fixer ses prix, au départ. Si le prix demandé correspond à la valeur de l’œuvre en fonction de sa qualité d’exécution et selon la notoriété ou la réputation de l’artiste, il n’y a pas de raison réelle d’offrir des rabais à tout casser, ou pire, d’abuser de telles offres. Par contre, il faut parfois être d’humeur à négocier puisque pour certains, marchander est la seule façon d’acheter.

Au bout du compte, cela reste une décision bien personnelle à l’artiste. Qu’en pensez-vous?

Tirer des plans quand on est artiste

Dans un récent webinaire, Alyson Stanfield, fondatrice et présidente-directrice générale de Art Biz Coach (Denver, Colorado) indiquait aux participants qu’un artiste qui aspire à devenir professionnel avait besoin d’un minimum de 3 plans :

  1. Un plan de revenus et bénéfices
  2. Un plan de production
  3. Un plan marketing

Un plan de revenus et bénéfices

Caisse, Supermarché, Facture, InvoicePour tracer notre chemin, il faut d’abord avoir un but. Et ce but, quand on est en affaires, ce sont des revenus et autant que faire se peut, des bénéfices. C’est bien beau avoir envie de réaliser des ventes** de 25-30 000 $, si nos dépenses atteignent 35 000 $, personne n’ira loin longtemps. Et, soyons honnêtes, ils ne représentent pas nécessairement la majorité, au Québec, les artistes qui atteignent des chiffres de vente de tableaux de ce niveau. C’est pour cela que plusieurs artistes donnent également des ateliers de formation, pour boucler les fins de mois. D’autres continuent à travailler de 9h à 5h, en rêvant du jour où ils pourront enfin s’adonner à leur passion à temps complet (ce qui, souvent, n’arrive qu’à la retraite).

Journal Intime, L'École, Bureau, L'ÉducationPour déterminer le bénéfice à atteindre, nous aurons donc besoin de certaines données statistiques. À vos registres! Vous aurez besoin des éléments suivants :

  • nombre moyen de tableaux vendus par année,
  • prix de vente moyen,
  • coût moyen de production d’un tableau,
  • frais annuels de vente et d’administration.

Vous aurez également besoin de savoir quel pourcentage de votre production annuelle se transforme en ventes.

Les données qui suivent sont fictives et ne sont présentées qu’à titre d’exemple.

Cela pourrait donner, dans un premier temps, un tableau qui ressemble à ceci :

nombre de tableaux vendus50
prix de vente moyen300 $
revenus provenant de la vente de tableaux15 000 $

Si je sais que je vends 25% de ma production, pour 50 tableaux vendus, j’aurai donc besoin d’en créer 200 (50 / 0,25 = 200).

La suite du tableau ressemble à ceci :

nombre de tableaux à produire200
coût moyen de production d'un tableau30 $
coût des tableaux disponibles à la vente6 000 $
frais de vente et d'administration6 000 $

L'Argent, Sac, Profit, OrEn conséquence, 15 000 $ de revenus et des dépenses de 12 000 $ (6 000 + 6 000) me laisseront un bénéfice annuel de 3 000 $. C’est loin d’être mirobolant mais, c’est surtout un bon guide. J’aurai le choix ensuite, soit augmenter mon prix de vente moyen (de plus grands formats, un marché différent, etc …), tenter de vendre une plus grande partie de ma production (40 à 50%) ou diminuer mes dépenses (mieux choisir mes lieux de diffusion, diminuer mes frais de déplacement, etc …). Ces chiffres sont importants à établir pour prendre des décisions sur les avenues à considérer.

**Il s’agit ici de vente de tableaux uniquement, pas du chiffre d’affaires qui pourrait inclure d’autres sources de revenus (ateliers, démonstrations, conférences, etc.)

Un plan de production

Nous savons maintenant que, selon l’exemple plus haut, pour vendre 50 tableaux, nous devons en créer 200 ce qui en représente 4 par semaine, 50 semaines par année. Oh! Surprise! Ça demandera une bonne gestion du temps. Ça n’est plus «faire de la peinture en dilettante» …

Michelle Gaugy, galeriste et consultante en art (Santa Fe, New Mexico), donne l’avis suivant :

Un artiste professionnel doit créer environ 150 à 300 œuvres par année. Ceci n’est pas uniquement parce qu’il a besoin d’en créer autant pour vendre. C’est également parce qu’il se sent obligé de les créer et surtout parce que c’est comme cela que son travail s’améliore.

Liste De Vérification, AnalyseC’est là que le plan de production intervient. Il vous faudra décider quels sont les moments que vous consacrerez à votre art et vous y tenir, les mettre à votre agenda. Dans certains cas, cela voudra également dire de peindre plus rapidement. Impossible de mettre 4 jours à peindre une seule œuvre alors que vous devez en produire 4 dans une seule semaine.

Voilà où un plan détaillé est d’un grand secours. Ça aide à mettre les choses en perspective et à décider des efforts que nous sommes prêts à consentir pour, peut-être, «vivre de notre art».

Et c’est là également qu’on réalise que ce ne sont pas tous les artistes qui ont les dispositions nécessaires pour devenir un professionnel du pinceau. Cela n’enlève rien à personne. On peut très bien rester un peintre amateur toute notre vie et être tout à fait heureux comme ça. L’important est de ne pas se leurrer. Le choix nous appartient.

Un plan marketing

Les principaux éléments d’un plan marketing sont :

  • Segment de clientèle
  • Gamme de produits
  • Commercialisation et promotion
  • Budget nécessaire et méthodes

En clair, où et comment vendre nos créations. Ce plan fera éventuellement l’objet d’un autre billet.

En résumé

Ceux qui veulent plonger doivent le faire les yeux ouverts, y être totalement engagé et y consacrer toute leur énergie.