Être accepté(e) lors de la sélection pour une exposition, mettre toutes les chances de son côté …

Comme le mentionnent des expertes compétentes telles Carolyn Edlund, présidente de Artsy Shark ou Renee Phillipps, directrice et commissaire de Manhattan Arts International, il existe certains trucs non négligeables dont il vaut mieux tenir compte si l’on veut être accepté lors de la sélection pour une exposition. Je vous résume ici leurs recommandations ainsi que mes commentaires.

  1. Soyons honnêtes. À quoi sert de présenter votre dossier à une exposition qui vous convient plus ou moins? Familiarisez-vous donc le plus possible avec celle qui vous intéresse. Si ça n’est pas trop loin de chez-vous, allez la visiter et n’envoyez votre dossier que l’année suivante. Examinez les lieux, l’ambiance, le nombre de visiteurs. Si ça n’est pas possible de vous y rendre, consultez attentivement les photos montrant les activités et les installations des années précédentes. Ou mieux, informez-vous auprès de quelques-un(e)s des anciens participant(e)s que vous connaissez.

Je me souviens d’une amie artiste me racontant à quel point elle avait été déçue d’une expo à laquelle elle avait participé. Peu de visiteurs et des kiosques plus que branlants. Si elle avait su, elle n’aurait jamais soumis son dossier et aurait économisé pas mal d’argent (l’expo étant loin, elle avait dû coucher à l’hôtel).

  1. Remplissez correctement le formulaire d’inscription et suivez les directives données. Lire trop vite ou à moitié les instructions pourrait facilement vous mettre dans l’embarras. S’il y a beaucoup de soumissions pour une exposition, les membres du comité de sélection ne prendront certainement pas le temps de communiquer avec l’artiste pour lui demander l’élément manquant dans son dossier. Demande incomplète = dossier rejeté. Instructions non suivies = dossier rejeté.

Je me souviens d’une amie artiste (pas la même qu’au point 1) qui, 2 années de suite n’a pas été sélectionnée pour une exposition. Alors qu’on demandait de soumettre le dossier par voie électronique, elle préférait aller porter son dossier papier en se disant que ça n’était pas loin de chez-elle. La 3e année, ayant enfin soumis son dossier par courriel, tel que demandé, sa candidature a été retenue …

Suivez attentivement les instructions quant aux exigences relatives aux photos (format, dimensions, libellé, etc.). Soumettez le nombre d’images requises, ni moins ni plus.

Il est vraiment primordial de ne soumettre que vos meilleures œuvres. Certains artistes font parfois de mauvais choix, soit parce qu’ils n’ont pas un corpus d’œuvres suffisant ou que leurs œuvres sont trop différentes ou même disparates, sans signature réelle. C’est une très grave erreur puisque les jurés recherchent des talents bien ciblés et pleinement développés. D’ailleurs, j’ai appris récemment qu’un artiste est évalué sur l’œuvre la plus faible soumise. Il vaut mieux approfondir ce que l’on fait le mieux, d’être connu pour cela. Vous devez développer un style unique. Si vous essayez de séduire tout le monde, vous ne séduirez personne. Cela fait amateur.

C’est dans cet ordre d’idée qu’il faut soumettre un groupe d’œuvres cohérent. Il est bon d’avoir un style hautement reconnaissable et distinctif qui se manifeste dans chacune des pièces soumises. Les œuvres ne doivent pas être totalement indépendantes les unes des autres. Le groupe d’œuvres doit présenter un effet synergique, son impact devrait être supérieur à la somme des différents résultats individuels.

Une amie artiste (une autre) m’a déjà confié qu’elle a cessé de soumettre son dossier à une certaine expo-concours puisqu’elle n’était jamais acceptée. Mais, je sais que c’est une artiste qui aime la «variété», ce qui malheureusement lui nuit au moment de la sélection.

  1. Vous devez soumettre d’excellentes images de vos œuvres. Les images de mauvaise qualité vont ruiner vos chances avant même que vous ne soyez sérieusement considéré. Après avoir passé de nombreuses heures à créer quelque chose de valeur, rendez hommage à votre travail en ayant des photos d’excellente qualité.

Fouillez internet pour obtenir d’excellents trucs, prenez un cours sur la prise de photos d’œuvres d’art (je l’ai fait il y a quelques années) ou retenez les services d’un professionnel (malheureusement plus coûteux).

Les juges regardent les images rapidement; vous avez 2 ou 3 secondes pour attirer leur attention et faire bonne impression. Vos photos doivent être digne d’un «wow»!

Je vais vous raconter une anecdote à propos de photos présentées il y a quelques années, dans le cadre d’un appel de dossiers. Je devais soumettre six photos. J’avais choisi des œuvres de diverses dimensions et les avaient imprimées sur du beau papier photo (c’était un dossier papier). Cependant, toutes mes photos étaient de la même grandeur, i.e. un tableau mesurant 10 po x 10 po prenait toute la page de la même façon qu’un tableau mesurant 24 po x 24 po. J’avais donc reçu le commentaire suivant : Sur le tableau XXX, la signature prend trop de place sur l’œuvre. Depuis, j’ai compris. Lorsque mon œuvre est de petit format, je réduis la grandeur de la photo. Et lorsque l’œuvre est plus grande, la photo prend alors toute la page.

  1. Les photos de vos œuvres sont les reines de votre présentation. Mais, ne négligez pas l’écriture de votre démarche artistique et de votre c.v. puisqu’ils feront la différence lorsque viendra le temps pour le comité de sélection d’affiner son choix.

Votre démarche doit être claire et descriptive de votre recherche. Surtout, surtout, une démarche n’a rien d’une biographie. Quant au c.v., le jury cherche à savoir depuis quand l’artiste présente son travail et à quel type d’expositions il participe. Les expositions avec sélection par jury composé de pairs ont une meilleure cote que celles où la sélection se fait par un comité composé de l’organisatrice de l’expo accompagnée du maire de la ville; il existe également certaines expositions où il n’y a aucune sélection préalable, qui valent ce qu’elles valent… Les expositions individuelles sont mieux cotées que les expositions collectives. Le jury tiendra compte également des prix, mentions ou reconnaissances reçues. En passant, un «prix du public» n’a aucune valeur pour une sélection à une exposition.

Et n’oubliez pas que certains comités consultent le site web des artistes, en sus des informations soumises au dossier. Ceux-là veulent aller plus loin dans leur vérification, voir si l’artiste crée constamment des œuvres de qualité, s’il développe une carrière professionnelle, etc.

  1. Malgré tout cela, ces excellentes photos, cette démarche articulée, ce c.v. étoffé, il arrivera que votre candidature soit rejetée. Un artiste ne devrait pas accueillir ce rejet de façon trop personnelle. Ça ne veut pas dire que votre travail n’est pas bon. Si c’est carrément votre dossier qui est mal fichu, cela se corrige.

Il arrive que le comité de sélection doive respecter certains critères bien précis. Si 200 dossiers sont reçus pour 35 places disponibles, il y aura sûrement de très bonnes candidatures qui seront rejetées. Parfois, le panel doit choisir un nombre limité de pièces et souhaiter présenter différents styles. Malheureux mais vrai, la diversité sera privilégiée au détriment de la qualité de certains dossiers.

Pour certaines expositions, il n’y a que 6 ou 7 plages dans une année et elles viennent avec des contraintes comme, au moins 3 artistes de la région immédiate, au moins un artiste de la relève, etc.; ça diminue les chances.

On ne peut non plus laisser sous silence les goûts personnels des jurés. En principe, ils sont supposés faire leur travail en toute impartialité et juger selon des principes techniques et esthétiques, composition, harmonie des couleurs, contrastes, formes, lumière, etc., évaluer le processus créateur de l’artiste mais, si un juré a horreur du jaune et que 4 de vos 5 œuvres font une belle place à cette couleur, meilleure chance la prochaine fois.

En résumé

L’art visuel est tout à propos de l’image. Assurez-vous que la présentation de votre dossier correspond à l’image que vous souhaitez projeter. La proposition de projets d’exposition contribue au processus continu d’amélioration.

P.S. : Mes informations viennent de mes nombreuses lectures, d’un cours sur l’écriture d’une démarche artistique et d’un projet d’exposition, d’un cours sur la prise de photos de tableaux et de mes expériences personnelles.

Cohérence et homogénéité, des mots qui agacent certains artistes

En anglais, on parle de «consistency»; vous avez peut-être déjà vu ou entendu ce mot. La cohérence lors de la production d’œuvres indispose souvent certains artistes. Ceux-ci prétendent que c’est une simple invention des galéristes parce que des œuvres homogènes rendent la vie de ces derniers plus facile. Ces artistes souhaitent ne pas être brimés dans leur créativité, pouvoir peindre et proposer des fleurs une journée, des paysages le lendemain et des chevaux le surlendemain. À tant se disperser, le risque est élevé de n’avoir aucune façon de se démarquer des autres afin de constituer son «branding».

Chevalet, Peinture, Arts, TrépiedDe plus, quand on s’éparpille, qu’on touche à tout, on ne devient expert en rien. Ne serait-il pas plus formateur et salutaire de se concentrer sur un style à la fois afin de le maîtriser? Bien sûr, un artiste qui en est à ses débuts voudra explorer le plus d’avenues possibles. C’est tout à fait normal. Et il n’est pas défendu d’évoluer dans le temps, loin de là. Mais l’idéal reste de choisir ce qui nous convient le mieux, ce dans quoi nous nous sentons bien pour fouiller et approfondir cette voie-là.

La cohérence est une caractéristique d’une activité professionnelle plutôt qu’amateure, cohérence dans le type et le style de travail créé, dans la présentation des œuvres, dans le message, dans la marque. La cohérence également dans les prix des œuvres, les couleurs, le coup de pinceau, la texture.

Cohérence du sujet

Comme je le mentionnais plus haut, un artiste réussit par la pratique ciblée d’un style et d’un sujet spécifiques. C’est par sa touche particulière qu’il sera connu et reconnu.

Lors d’expositions, il faudra éviter à tout prix, comme j’ai encore vu récemment : sur 2 petites surfaces comprenant 7 ou 8 œuvres, 2 sujets différents étaient proposés. Optez plutôt pour l’homogénéité qu’assure le choix d’un seul sujet. On sera ainsi certain qu’un seul artiste a peint les tableaux.

Cohérence dans la présentation

Lors d’une exposition, où l’espace est généralement compté, évitez de mêler tableaux encadrés et non encadrés. Si vous présentez des toiles galeries (1½ po d’épaisseur), ne leur juxtaposez pas des toiles standards (¾ po d’épaisseur). Si vous peignez les contours des toiles galeries, traitez-les de la même manière; optez pour une couleur solide OU prolongez le tableau tout le tour, pas les 2. Et même si ça n’est pas dans le cadre d’une exposition, adoptez un procédé et tenez-vous-y.

Crayons, Stylos, Red, Dessin, SharpDe plus, il est important d’avoir une grille de taux cohérente de telle sorte que 2 œuvres du même format seront offertes au même prix. Une telle grille permettra d’éviter, comme j’ai déjà vu, d’exposer une œuvre grand format moins chère qu’une plus petite.

Cohérence dans le traitement

Vos œuvres sont-elles toutes créées par un processus similaire? Idéalement, les textures, les coups de pinceau, le choix et l’utilisation des couleurs, le niveau d’énergie et l’élan émotionnel devraient être tous cohérents.

Cohérence dans la marque

Il est recommandé de pouvoir décrire universellement notre art dans une courte phrase. C’est notre «branding», la façon dont on peut s’identifier auprès des acheteurs. Ceux-ci doivent savoir qu’ils peuvent s’attendre à une qualité et un style compatibles avec le message que vous véhiculez.

En résumé

Prenez le temps de satisfaire toutes vos envies créatives dans votre atelier car c’est important pour votre croissance en tant qu’artiste. Cependant, maintenez votre message au monde extérieur cohérent et homogène!

Accorder ou pas une réduction sur une œuvre


Les acheteurs d’œuvres d’art, comme tout autre type d’acheteur, aiment bien avoir l’impression d’avoir fait une bonne affaire (un bon «deal») lors de leur plus récente acquisition. C’est dans la nature de l’homme. Alors, une question se pose: doit-on accorder une réduction lorsqu’un acheteur cherche à négocier à la baisse le prix affiché pour une œuvre donnée ou même, peut-on offrir un rabais pour une occasion spécifique, fin d’année ou autre? J’ai lu quelques articles à ce sujet, j’ai eu connaissance de certains événements ou ai moi-même vécu ce genre d’expérience.

Négociations avec un acheteur

Je dois dire que, personnellement, un acheteur n’a jamais tenté de négocier à la baisse le prix d’une de mes œuvres. C’est de la chance, le hasard? Ou simplement le fait que mes prix sont relativement raisonnables? Je ne sais pas. Par contre, un ami m’a déjà raconté l’anecdote suivante. Alors qu’il participait à un symposium dans la région, une dame s’est arrêtée à son chapiteau, en admiration devant un de ses tableaux. Après avoir tourné en rond un peu, elle a offert un prix moindre pour l’œuvre qu’elle convoitait. Mon ami, pas vraiment chaud à l’idée de diminuer le prix demandé, a d’abord hésité si bien que la dame a passé son chemin et est allée visiter d’autres artistes. Elle est cependant revenue un peu plus tard voir mon ami, lequel entre temps regrettait d’avoir «raté» une vente. Comme elle manifestait à nouveau son intérêt envers le tableau tant désiré, mon ami décida de lui accorder le rabais demandé. Mais, après mûre réflexion, la dame lui annonça que finalement, elle renonçait à cet achat et elle partit, laissant mon ami sans mot et vraiment stupéfait. Que dire d’une telle mésaventure? Et que penser de cette éventuelle cliente demandant à une copine quelle serait le prix du tableau qui l’intéressait si elle l’achetait sans son cadre?

Au cours de la lecture de certains articles, j’ai découvert que plusieurs artistes refusent d’accorder une réduction de prix lorsque demandée, prétextant que le montant d’une œuvre correspond, en plus du coût des matériaux, à leur salaire pour le travail fourni. D’autres avanceront l’argument que, par respect pour leurs clients qui ont payé le plein prix, ils ne peuvent ou ne veulent accorder quelque rabais que ce soit. Certains pensent même qu’accorder une diminution de prix ferait perdre de la valeur à leurs œuvres. L’art étant un bien de luxe, ce serait se tirer dans le pied que d’en réduire le prix demandé. Remarquez que, dans plusieurs domaines, aucune diminution n’est jamais accordée suite à la requête d’un client. Au resto, si un plat est annoncé à 24$, inutile de demander au serveur si vous pouvez l’obtenir pour 20$. Si votre coiffeuse vous demande 28$ pour une coupe de cheveux, vous paierez 28$, pas 25$.

En revanche, ces articles présentaient quelques compromis pour tenter de retenir le client. Sachant qu’un éventuel acheteur faisant une offre montre d’abord et avant tout un intérêt certain pour vos œuvres, il est possible de lui offrir la liberté de payer en plusieurs versements, sans intérêt. Ça pourrait aider ses finances et ainsi, encourager la vente. Personnellement, je l’ai déjà fait et ma cliente en fut ravie. Bien sûr, il faut être en mesure d’accepter autre chose que de l’argent comptant. Le paiement par carte de crédit est devenu beaucoup plus facile depuis l’arrivée de Square, sur place ou Paypal, en ligne. Vous pourriez, à la limite, suggérer un tableau de plus petite dimension, rejoignant alors le prix que votre client accepte de payer. Mais ça, ça peut être plus difficile selon moi parce que le client a fait son choix et il n’acceptera pas une œuvre de «remplacement».

Vous pourriez peut-être offrir un boni au client. Ajoutez quelques cartes de souhait à son achat, une giclée de petit format ou, pour une vente en ligne, offrez la livraison gratuite. Ou alors, offrez un certificat-cadeau applicable sur un futur achat. Oui, vous offrirez éventuellement une réduction mais, au moins, vous aurez vendu deux tableaux plutôt qu’un seul.

Rabais pour une occasion spécifique

Certains artistes offrent, année après année, un solde, plus ou moins important, sur leur inventaire. Le pire que j’ai vu venait d’un artiste américain ; il offrait un rabais de 50% sur ses œuvres afin de faire «de la place» pour la nouvelle année. Oui, je sais que cet artiste produit beaucoup si bien qu’il n’arrive jamais à tout vendre. Mais … 50%? Qu’arrivera-t-il à l’avenir des tableaux qu’il produira à l’automne? Ses clients ne vont-ils pas attendre en janvier pour profiter de si généreuses réductions? Personnellement, quand je n’ai plus de place, je préfère recycler mes plus anciens tableaux. Par ailleurs, j’ai constaté que certains artistes offrent certaines œuvres à prix réduit lors d’un déménagement. Je peux comprendre une telle situation.

Cependant, je m’interroge. En art, est-ce qu’un client achète un prix ou une œuvre? En art, le client doit d’abord aimer l’œuvre. Ça n’est pas le prix qui est déterminant mais bien l’émotion que le tableau suscite chez l’acheteur. Et si le prix est honnête, que vous admirez l’artiste et que vous raffolez de l’œuvre, vous conviendrez que la dite œuvre vaut le prix demandé. Je me souviens, il y environ 2 ans, avoir fait une tournée d’ateliers où l’organisation demandait à chaque artiste d’offrir au moins un tableau à 25% de rabais, à titre de promotion de l’événement. Et bien, de ce que j’ai constaté, ça n’était pas ce tableau-là qui se vendait. Les visiteurs achetaient ce qu’ils aimaient, pas le rabais.

De toute façon, selon plusieurs artistes ayant participé à une discussion sur le web, les œuvres d’art offertes en soldes ne génèrent pas plus de ventes. Nous ne sommes pas à l’épicerie ici où on achète le «lost leader» parce que les produits sont interchangeables.

Personnellement, j’ai déjà offert, il y a quelques années, une promotion substantielle sur quelques tableaux. La promotion ne s’adressait qu’aux abonnés à mon infolettre et ne durait qu’une journée. C’était donc très limité. Sur 3 tableaux en réduction, je n’en ai vendu qu’un seul. Preuve qu’il faut d’abord
aimer l’œuvre. Il m’arrive également de proposer une offre privilège de 10% de moins lors de certaines expositions. Encore là, la promotion n’est offerte qu’aux abonnés à mon infolettre et elle est limitée dans le temps, 2 jours.

En résumé

Il est important de bien fixer ses prix, au départ. Si le prix demandé correspond à la valeur de l’œuvre en fonction de sa qualité d’exécution et selon la notoriété ou la réputation de l’artiste, il n’y a pas de raison réelle d’offrir des rabais à tout casser, ou pire, d’abuser de telles offres. Par contre, il faut parfois être d’humeur à négocier puisque pour certains, marchander est la seule façon d’acheter.

Au bout du compte, cela reste une décision bien personnelle à l’artiste. Qu’en pensez-vous?

Tirer des plans quand on est artiste

Dans un récent webinaire, Alyson Stanfield, fondatrice et présidente-directrice générale de Art Biz Coach (Denver, Colorado) indiquait aux participants qu’un artiste qui aspire à devenir professionnel avait besoin d’un minimum de 3 plans :

  1. Un plan de revenus et bénéfices
  2. Un plan de production
  3. Un plan marketing

Un plan de revenus et bénéfices

Caisse, Supermarché, Facture, InvoicePour tracer notre chemin, il faut d’abord avoir un but. Et ce but, quand on est en affaires, ce sont des revenus et autant que faire se peut, des bénéfices. C’est bien beau avoir envie de réaliser des ventes** de 25-30 000 $, si nos dépenses atteignent 35 000 $, personne n’ira loin longtemps. Et, soyons honnêtes, ils ne représentent pas nécessairement la majorité, au Québec, les artistes qui atteignent des chiffres de vente de tableaux de ce niveau. C’est pour cela que plusieurs artistes donnent également des ateliers de formation, pour boucler les fins de mois. D’autres continuent à travailler de 9h à 5h, en rêvant du jour où ils pourront enfin s’adonner à leur passion à temps complet (ce qui, souvent, n’arrive qu’à la retraite).

Journal Intime, L'École, Bureau, L'ÉducationPour déterminer le bénéfice à atteindre, nous aurons donc besoin de certaines données statistiques. À vos registres! Vous aurez besoin des éléments suivants :

  • nombre moyen de tableaux vendus par année,
  • prix de vente moyen,
  • coût moyen de production d’un tableau,
  • frais annuels de vente et d’administration.

Vous aurez également besoin de savoir quel pourcentage de votre production annuelle se transforme en ventes.

Les données qui suivent sont fictives et ne sont présentées qu’à titre d’exemple.

Cela pourrait donner, dans un premier temps, un tableau qui ressemble à ceci :

nombre de tableaux vendus50
prix de vente moyen300 $
revenus provenant de la vente de tableaux15 000 $

Si je sais que je vends 25% de ma production, pour 50 tableaux vendus, j’aurai donc besoin d’en créer 200 (50 / 0,25 = 200).

La suite du tableau ressemble à ceci :

nombre de tableaux à produire200
coût moyen de production d'un tableau30 $
coût des tableaux disponibles à la vente6 000 $
frais de vente et d'administration6 000 $

L'Argent, Sac, Profit, OrEn conséquence, 15 000 $ de revenus et des dépenses de 12 000 $ (6 000 + 6 000) me laisseront un bénéfice annuel de 3 000 $. C’est loin d’être mirobolant mais, c’est surtout un bon guide. J’aurai le choix ensuite, soit augmenter mon prix de vente moyen (de plus grands formats, un marché différent, etc …), tenter de vendre une plus grande partie de ma production (40 à 50%) ou diminuer mes dépenses (mieux choisir mes lieux de diffusion, diminuer mes frais de déplacement, etc …). Ces chiffres sont importants à établir pour prendre des décisions sur les avenues à considérer.

**Il s’agit ici de vente de tableaux uniquement, pas du chiffre d’affaires qui pourrait inclure d’autres sources de revenus (ateliers, démonstrations, conférences, etc.)

Un plan de production

Nous savons maintenant que, selon l’exemple plus haut, pour vendre 50 tableaux, nous devons en créer 200 ce qui en représente 4 par semaine, 50 semaines par année. Oh! Surprise! Ça demandera une bonne gestion du temps. Ça n’est plus «faire de la peinture en dilettante» …

Michelle Gaugy, galeriste et consultante en art (Santa Fe, New Mexico), donne l’avis suivant :

Un artiste professionnel doit créer environ 150 à 300 œuvres par année. Ceci n’est pas uniquement parce qu’il a besoin d’en créer autant pour vendre. C’est également parce qu’il se sent obligé de les créer et surtout parce que c’est comme cela que son travail s’améliore.

Liste De Vérification, AnalyseC’est là que le plan de production intervient. Il vous faudra décider quels sont les moments que vous consacrerez à votre art et vous y tenir, les mettre à votre agenda. Dans certains cas, cela voudra également dire de peindre plus rapidement. Impossible de mettre 4 jours à peindre une seule œuvre alors que vous devez en produire 4 dans une seule semaine.

Voilà où un plan détaillé est d’un grand secours. Ça aide à mettre les choses en perspective et à décider des efforts que nous sommes prêts à consentir pour, peut-être, «vivre de notre art».

Et c’est là également qu’on réalise que ce ne sont pas tous les artistes qui ont les dispositions nécessaires pour devenir un professionnel du pinceau. Cela n’enlève rien à personne. On peut très bien rester un peintre amateur toute notre vie et être tout à fait heureux comme ça. L’important est de ne pas se leurrer. Le choix nous appartient.

Un plan marketing

Les principaux éléments d’un plan marketing sont :

  • Segment de clientèle
  • Gamme de produits
  • Commercialisation et promotion
  • Budget nécessaire et méthodes

En clair, où et comment vendre nos créations. Ce plan fera éventuellement l’objet d’un autre billet.

En résumé

Ceux qui veulent plonger doivent le faire les yeux ouverts, y être totalement engagé et y consacrer toute leur énergie.

 

J’ai survécu à l’hiver

Le printemps me réveille, me secoue même si je ne dormais pas, tout au contraire. C’est ce qui me ramène à mon blogue. Bien que je n’aie rédigé aucun billet depuis quelques mois, je ne suis pas restée à rien faire pendant l’hiver. Loin de là. Voyez vous-mêmes.

J’ai retapé le meuble bien pratique du vestibule, ce que je voulais faire depuis pas mal longtemps. Ce travail m’a pris pas un gros mois puisqu’il a fallu décaper, sabler, teindre et vernir (4 faces plus le dessus, 2 tiroirs, 2 portes). Je suis bien contente du résultat.

Mon conjoint et moi avons, enfin, finalisé la transformation de la salle de bain: nouvelles armoires, nouveau dessus de comptoir, nouveau lavabo, nouvelle robinetterie, nouvel éclairage, plusieurs plantes vertes et une de mes œuvres accrochée bien en vue.

Et nous venons de commencer la dernière partie de l’amélioration de mon atelier. Photos à venir quand ce sera terminé.

Voilà pour la partie «tâches domestiques».

Côté activités artistiques, là également j’ai procédé à des transformations importantes. J’ai revampé mon site web, ma boutique virtuelle, ce blogue, ma carte d’affaires et, pour ceux et celles qui y sont abonné(e)s, mon infolettre. J’ai choisi de nouvelles couleurs, de nouvelles polices de caractère, un nouveau logo. J’ai préféré des couleurs plutôt discrètes pour éviter de faire compétition à mes œuvres. Il me reste certains textes à améliorer, à retravailler mais, le gros du travail est fait. Allez jeter un coup d’œil et dites-moi ce que vous en pensez. Vous aimez ou pas?

Pour l’harmonie des couleurs, je me tourne toujours vers le site Design Seeds. Jessica Colaluca a créé ce site en 2009 et publie de nouvelles palettes de couleurs quotidiennement. C’est une source d’inspiration fantastique. Comme les codes Hex (hexadécimal) sont indiqués pour chacune des couleurs proposées, il est ensuite facile de les utiliser selon nos besoins.

Pour ceux qui se posent la question, mon site web, mon blogue et ma boutique virtuelle sont tous hébergés chez «votresite.ca». Je suis avec eux depuis 2013.

Et finalement, au travers tout ça, je me suis amusée avec mes pinceaux. J’essaie de nouvelles techniques, je me laisse aller, je joue avec la peinture, différents gels, divers médiums. Je ne cherche pas à produire une quelconque œuvre mais plutôt à découvrir de nouvelles avenues. Ça n’est peut-être pas une production sérieuse mais, c’est très enrichissant. Je n’ai pas cette crainte absurde de me tromper puisque j’explore, tout simplement. Où cela me conduira-t-il? C’est une histoire à suivre …

Convertir, sans effort, les pouces de vos œuvres en centimètres

Êtes-vous déjà entré dans un magasin de matériel d’artistes dans le but d’acheter quelques toiles vierges mesurant 50,8 cm x 76,2 cm ou 61 cm x 91,4 cm? Ça me surprendrait vraiment. Au Québec, on est en Amérique du Nord et, qu’on le veuille ou non, le matériel d’artiste nous est vendu en pouces. On a beau être passé au système métrique il y a plus de 40 ans, les fabricants de toiles montées ou d’encadrements utilisent measuring-tape-747682_1920encore le bon vieux système impérial. Même chose pour ce qui concerne la photographie. Vous faites développez en 4 po x 6 po ou faites agrandir en 8 po x 10 po.

L’ennui, c’est que certains lieux d’exposition imposent que les artistes fournissent les dimensions de leurs œuvres en centimètres pour la préparation des étiquettes d’identification. Certains vous diront qu’il ne suffit que de multiplier vos pouces par 2,54. Mais, sérieusement! Qui a envie de se lancer dans tous ces calculs? Quant à mesurer une nouvelle fois chacun de vos tableaux, vous avez probablement mieux à faire …

Alors, conflit à l’horizon? Pas vraiment puisque je vous offre la grille qui suit, laquelle vous indique, pour chaque pouce de 4 à 50, le nombre de centimètres que cela représente. Imprimez-la et gardez-la à portée de la main. Je suis certaine que ça vous évitera bien des maux de tête …

pouces-centimetres

Pour l’imprimer, cliquez d’abord sur la grille. Sur la page qui s’affiche ensuite, cliquez à nouveau sur l’image, cette fois avec le bouton droit de la souris et choisissez Enregistrer l’image sous… Enregistrer l’image là où vous le souhaitez et vous pourrez ensuite soit y accéder au besoin ou tout simplement l’imprimer.

 

Une nouvelle tradition: acheter de l’art en cadeau

À l’approche du temps des Fêtes, les usines géantes asiatiques fonctionnent à pleine vitesse afin d’offrir aux Québécois et aux Canadiens des piles monstrueuses de produits bon marché fabriqués au détriment de la main-d’œuvre canadienne.

Cette année sera différente!  Il n’y a plus d’excuse. Nous pouvons tous trouver un cadeau à offrir, fait par les mains québécoises.  Il est grand temps de sortir des sentiers battus. Qui a dit qu’un cadeau doit s’intégrer dans une boîte de carton, enveloppé dans du papier, le tout produit par des étrangers ?jazz

Plusieurs artistes et artisans locaux sont Québécois, Canadiens et produisent tableaux, bijoux, poterie, sculpture, etc. Les pays asiatiques nous envahissent avec leurs imitations alors que c’est à nous de nous soucier et d’encourager NOS artistes et petites entreprises québécoises et canadiennes qui travaillent fort pour survivre. Et, lorsque nous nous soucions des autres, nous nous soucions de nous, de notre communauté, de notre collectivité, des gens de chez-nous. Pensons aux retombées économiques pour NOS artpreneurs et entrepreneurs en achetant d’eux. Notre argent reste ici et fructifie ici.

En achetant local, nous sauvons des emplois… peut-être le vôtre…


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